MANON LEPAUVRE
Compositrice

BIOGRAPHIE
Manon Lepauvre est une compositrice française dont le travail envisage l’art comme vecteur de sens et d’engagement social, en croisant la composition musicale avec d’autres formes artistiques telles que le théâtre, la danse, l’image et les nouvelles technologies.
Elle commence sa pratique musicale par l’étude de la flûte traversière au sein des orchestres scolaires et des conservatoires de Laval (53) et du 9ᵉ arrondissement de Paris, avant de se tourner très tôt vers la composition. Dès 2012, elle étudie la composition avec Marco Suarez Cifuentes, affirmant ainsi sa passion pour l’écriture musicale et la création contemporaine.
Parallèlement à sa formation conservatoire, elle obtient une licence de musique et musicologie à l’Université Rennes II, ainsi qu’un Master de création musicale et sonore à l’Université Paris 8. Elle participe également à des académies de composition, notamment CompoLab et le Cours International de Composition de Barcelone, vivant ces expériences comme des laboratoires d’idée et d’expérimentation.
En 2018, Manon Lepauvre est admise au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (CNSMDL) dans la classe de Martin Matalon, où elle poursuit une écriture ouverte et polyvalente. Elle y obtient son DNSPM en 2021, composant plusieurs pièces pour effectifs variés jouées au CNSMDL. Elle y compose notamment Conte-Goutte, un spectacle musical pour enfants réalisé sur un texte de Juliette Muller, en partenariat avec l’École Normale Supérieure de Lyon.
En 2021, elle intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP) pour y poursuivre un Master dans la classe de composition instrumentale de Frédéric Durieux, tout en approfondissant l’usage des nouvelles technologies appliquées à la composition avec Yan Maresz, Luis Naon et Grégoire Lorieux. Sa pièce de fin d’études, Circé, pour danseuse, dispositif scénique, ensemble instrumental et électronique, traite des féminicides et des récits mythologiques revisités à l’aune des problématiques contemporaines.
Durant l’année 2023–2024, elle suit le cursus de composition et d’informatique musicale à l’IRCAM, où elle compose Innate, une œuvre pour danseuse, dispositif lumineux, vidéo et électronique qui propose une réflexion profonde sur les notions d’enfermement du corps et de l’esprit.
Depuis 2019, elle reçoit régulièrement des commandes et collaborations de la part d’institutions et d’ensembles reconnus dans le domaine de la musique contemporaine, tels que K/D/M, Sillages, Multilatérale, Écoute, 2E2M, Le Concert Impromptu, le Quatuor Æolina, l’Association des Amis de la Philharmonie de Paris et le Paris Mozart Orchestra.
Son univers musical est caractérisé par une écriture attentive à la couleur, à la matière sonore et à la spatialisation, souvent portée par des processus d’interaction entre acoustique et électronique. Ses compositions explorent des dispositifs hybrides, sensibles aux contextes scéniques et aux collaborations interdisciplinaires, avec une attention particulière à la dramaturgie du son et à l’activation des interprètes et des espaces.
Elle a également collaboré avec des institutions culturelles telles que Radio France, la Philharmonie de Paris et des compagnies de théâtre et de danse, enrichissant son approche créative par des échanges artistiques diversifiés.
Manon Lepauvre est en résidence avec l’Ensemble Écoute depuis septembre 2024. Au printemps 2026, elle sera en résidence à la Fondation Meyer, où elle poursuivra ses projets de recherche et création, autour d'un opéra pour adolescents et jeunes adultes sur un texte d'Alice Zeniter et Antoine Philias adapté et mis en scène par Édouard Signolet.


PROJETS À VENIR...
Babils du Nil II, spectacle pour très jeune public commande de l'ensemble Lucilin et du Centre Henri Pousseur
Marasim pour danseuse, 3 chanteuses, 5 instrumentistes, électronique et vidéo avec Ashta Muallem (chorégraphie et danse), Juan Ignacio Guerra (création vidéo), commande de l'Ensemble Écoute
Installation sonore dans le parc de la Villette avec des lycéens d'Aubervilliers en partenariat avec l'IRCAM
Home Sweet Home, opéra sur un texte d'Alice Zeniter et Antoine Philias, adapté et mis en scène par Édouard Signolet
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PROJETS PASSÉS
L’eau est un commun pour petit ensemble commande de l’ensemble Écoute
Flute, Clarinette, Piano, Percussion, violon, violoncelle
Innate, pour danseuse, électronique et dispositif lumieux cursus de composition IRCAM
Dédale pour Karlax, violon et violoncelle commande de Musique Nomade et bénéficiaire de l'aide à l'écriture de la DRAC Normandie
Athéna, la combative pour ensemble sur un texte d'Isabelle Pandazopoulos commande du Paris Mozart Orchestra
Fil pour orchestre, commande par le Paris Mozart Orchestra et la Philharmonie de Paris pour le concours La Maestra
Circé pour ensemble, danse, électronique et mise en espace
Calypso pour Quatuor d'accordéon avec le Quatuor Aeolina commande du Festival de Chaillol
Babils du Nil spectacle très jeune public pour accordéon, comédien et électronique sur un texte d'Arnaud Marzorati, commande de la compagnie Cadéëm
Lipari pour trio à corde avec les musiciens de l'orchestre de Paris commande des Amis de la Philharmonie
Cyclogénèse pour les musiciens du DAIC du CNSMDP
La morsure de la Limace pour quintette à vent avec le concert Impromptu et bénéficiaire de l'aide à l'écriture de la DRAC Ile de France
Conte-Goutte pour 4 musiciens créé au CNSMDL
Arc au Six couleurs pour 6 musiciens commande de l'ensemble Sillages
Baïna pour l'ensemble Multilatérale commande de la Philharmonie de Paris
Ys II pour violon solo et ensemble avec Léo Belthoise et l'atelier XX-XXI du CNSMDL
Ys I pour violon solo et électronique avec Léo Belthoise
Morpho pour l'ensemble K/D/M commande de France Musique
Agrion Hasté pour Saxophone Baryton et électronique avec Joan Marti-Frasquier
Afurganga II pour 11 musiciens avec l'atelier XX-XXI du CNSMDL
Afturganga pour l'ensemble Ars Nova


CREATION MONDIALE
Morpho, une suite instrumentale de la jeune compositrice Manon Lepauvre, pensée pour le trio KDM, un accordéoniste, deux percussionnistes.

CIRCÉ
"Nous sommes les voix de celles qui n'en ont plus"
Pour ensemble, danse, électronique et mise en espace
Manon Lepauvre, Composition et électronique
Emilie Roy, scénographe
Eva Aubigny, chorégraphie et danse
Claire Levacher, direction
Orchestre des lauréats du conservatoire : Julia Sinoimeri et Charlotte Le Roux : accordéon, Nanami Okuda et Haruka Egawa : piano préparé et clavier midi, Quentin Broyart, Élise Rouchouse et David Mengelle : percussions
Cette partition évoque le personnage de Circé. Au commencement de mon projet, j’ai été inspirée par l’interprétation du mythe qu’en a fait l’autrice américaine Madeline Miller. La forme de ma partition suit dans les grandes lignes le récit de présentation du personnage. Circé grandit sur le mont Olympe et elle se trouve rapidement en décalage avec les autres dieux car elle n’a pas les mêmes aspirations, plus attirée qu’elle est par le monde des humains que celui des dieux. J’ai transcrit cette première partie de l’existence de Circé dans un grand à-plat sonore où le temps semble suspendu. Un simple son électronique s’étire lentement puis se complexifie petit à petit, mêlé peu à peu aux sonorités des instruments acoustiques. La deuxième partie évoque l’île d’Æae, point de jonction entre l’Olympe et le monde des humains. Sur scène, 9 objets physiques (vases, pots de fleurs, arrosoirs, seaux, etc.) sont amplifiés et transformés par l’électronique. Ces objets symbolisent les 7 instrumentistes, la danseuse et la cheffe qui sont, sur scène. Ces objets sont autant de corps sonores, avec leurs caractéristiques harmoniques et temporelles ; ils sont progressivement passés à travers divers filtres et réverbération qui sont spatialisés dans la salle. Au deuxième plan, d’autres sonorités apparaissent et suivent leur propre évolution de manière plus ou moins régulière, sans temporalité ou pulsées. La troisième et dernière partie illustre la concomitance entre le mythe de Circé et notre monde contemporain. Circé est devenue une sorte de sorcière qui fabrique des filtres et potions. À partir d’une plante, le moly, plante puissante avec laquelle elle peut faire ou défaire des sortilèges, notamment en transformant en cochon les hommes qui débarquent sur son île et tentent de la violer. Dans cette partie, les corps sonores entendus dans la deuxième partie reviennent, retravaillés et intensifiés. L’action de la danseuse suit la forme de ce récit mis en musique. Elle peut souligner par ses mouvements les figures musicales comme elle peut en prendre le contre-pied, comme si elle poursuivait son propre récit, indépendamment. Au fur et à mesure, elle intensifie sa gestuelle pour délivrer un message jusque-là resté caché. Cette ultime phase sera celle de la saturation des sons et des mouvements dans un intensité de plus en plus énergique.

